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Titre :Le sabre du colonel
Compositeur(s) et-ou auteur(s) :Guéteville, Louis
Interprète(s) :Charlus [Defer, Louis-Napoléon]
Fichier audio :
Photo(s) :Photo
Support d'enregistrement :Disque
Format :25 cm aiguille (enregistrement acoustique)
Lieu d'enregistrement :Paris, France
Marque de fabrique, label :Zonophone international Company
Numéro de catalogue :x-81042
Numéro de matrice :4989o
Date de l'enregistrement :1905
État :Exc
Vitesse (tours/minute) :73,6
Matériel employé au transfert :Garrard 401, SME 3012, pointe 2,2C sur Shure M44G, Elberg MD12 : courbe flat, passe-bas 8 kHz, Cedar X declick, decrackle
Date du transfert :06-10-2016
Commentaires :Texte du contenu ci-dessous. Scène de la vie militaire. Colonel Ronchonnot, en référence à Gustave Frison : Les aventures du colonel Ronchonot.
Texte du contenu :Le sabre du colonel

Création : Charlus (1897) - reprises : Victor Lejal (1899), Paul Lack (1909), Jean Péheu.
Paroles : Louis Guéteville

Ci-dessous les contenus de la version Charlus, puis de la version Victor Lejal. Paul Lack suit d'assez près la version de Charlus.

Version Charlus :
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Il est dix heures, le rapport est fini, le colonel Ronchonneau fume la pipe sur son balcon mais il est de fort mauvaise humeur car il n'y a pas un homme de puni. Aussi, gare au malheureux qui passera devant lui avec un bouton d' moins à sa capote. Voici justement un sous-lieutenant en grande tenue sans son sabre. Le colonel l'aperçoit.
- Lieutenant ! montez un peu, j' veux vous parler
L'officier obéit en disant :
- Ouille, ouille, ouille, je suis pincé, j' n'ai pas mon sabre
Mais en arrivant dans l'antichambre, il voit celui d' son colonel, crac ! il s'en empare et s' présente devant lui dans la tenue réglementaire.
- Présent, mon colonel
- Crégnieu, lieutenant ! pourquoi n'avez-vous pas d' sabre ?
- Mais pardon, mon colonel, j'en ai un
- Comment ça, vous en avez un ?
- Eh ben oui
- Eh ben, eh ben alors, qu'est-ce que vous demandez si vous avez un sabre ?
- Mais rien, mon colonel
- Mais alors, si vous ne demandez rien, pourquoi êtes-vous monté ? Vous pouvez vous en aller
En partant, l'officier eut le soin de remettre le sabre où il l'avait pris
- Crégnieu, se dit l' colonel, est-ce que j' perds la boule ? m'avait pourtant semblé... Mais sacrebleu, s'écrie-t-il en r'gardant partir son sous-lieutenant, mais c't animal-là n' pas d' sabre ! lieutenant ! montez un peu, j' veux vous parler !
L'officier remonte, comme la première fois, prend le sabre et s' présente avec
- Présent, mon colonel
- Crégnieu, lieutenant ! pourquoi n'avez-vous pas d' sabre ?
- Mais pardon, mon colonel, j'en ai un
- Comment ça, vous en avez un ? vous m' prenez pour une tourte ? où ça qu' vous en avez un ?
- Mais, mon colonel, le voici
- Heu... ha... le... le voici...bè, bè... bè, bè... le voici, j' vois bien, j' suis pas aveugle !
- Alors pourquoi venez-vous m' dire, mon colonel, qu' je n'ai pas d' sabre
- Vous avez un sabre... Qu'est-ce que ça signifie, ça, lieutenant ? j'aime pas les plaisanteries ! allez ! rompez !
Le lieutenant fait demi-tour et, comme la première fois, part après avoir déposé son sabre. Le colonel, ouvrant des yeux comme des boules de loto se précipite sur son balcon et fit remonter encore deux fois son subalterne dans l'espoir de l' pincer mais, ne pouvant le prendre en défaut et ne s'expliquant pas c' mystère, il dit à sa femme en lui montrant le lieutenant qui s'éloignait :
- Véronique
- Mon ami ?
- Tu vois bien c't officier
- Oh oui, celui qui s'en va là-bas
- Oui, il n' pas d' sabre ?
- Ah non, il n'en a pas
- Eh ben, ben, c'est c' qui t' trompe, ma fille, il en a un tout d' même
- Ah ça, c'est bizarre...


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Version Victor Lejal :
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Il est dix heures du matin, le rapport est fini, le colonel Ramoneau rentre chez lui, il est furieux, il n'y a pas eu une seule punition au rapport. Il se met à sa fenêtre et aperçoit un lieutenant en p'tite tenue sans sabre.
- Ah, c't orient ! mais qu'est-ce que j'aperçois là-bas ? je n' me trompe pas, moi, mais oui, un lieutenant en p'tite tenue sans sabre après l' rapport ! Connaît pas les ordres de la place, donc, c't animal-là. Attends un p'tit peu, j' vas te l' régler en cinq sec', moi. Lieutenant, lieutenant ! Faites-moi un plaisir de monter, s'il vous plaît.
Le lieutenant se dit :
- Ça y est, je suis pincé, j' n'ai pas d' sabre, nom d'une pipe
Il monte l'escalier de son colonel et, arrivé dans l'antichambre, il aperçoit le sabre de son chef suspendu à un clou, il s'en empare, le met à son côté et s' présente devant son colonel.
- Mon colonel
- Dites donc, lieutenant ! vous n' connaissez pas les ordres de la place ? comment qu' ça s' fait qu' vous sortez sans sabre comme ça après l' rapport ?
- Mais pardon, mon colonel, vous faites erreur, j'ai un sabre, voyez plutôt
- Vous avez... vous avez un sabre, vous ?
- Mais oui, mon colonel, j'ai un sabre
- Eh bien alors, mais qu'est-ce que vous demandez alors si vous avez un sabre ?
- Mais, mon colonel, je n' demande rien, c'est vous qui m'avez...
- C'est moi qui vous ai... parce que je croyais que vous n'aviez pas d' sabre. Du moment qu' vous en avez un, j'ai plus rien à dire, ça va bien, allez ! rompez !
Le lieutenant s' retire, raccroche le sabre et continue son chemin. Le colonel se r'met à sa fenêtre et aperçoit une deuxième fois le lieutenant, sans sabre naturellement.
- Dites donc, lieutenant ! lieutenant ! faites-moi l' plaisir de r'monter, s'il vous plaît ! (I' s' paie ma tête c't animal-là.)
Le lieutenant remonte, il reprend l' sabre et s' présente de nouveau devant son chef
- Mon colonel
- Dites donc, lieutenant, est-ce que vous m' prenez pour une tourte, à la fin du compte, hein ? Comment qu' ça s' fait qu' vous m' dites que vous avez un sabre quand vous n'en avez pas ?
- Mais pardon, mon colonel, vous faites erreur, j'ai un sabre, voyez plutôt
- Vous avez... oh... oh... ah mais...qu'est-ce que j'ai donc dans les yeux, j' vois plus clair, moi, c'est vrai qu'il a un sabre, c't animal-là. Eh bien, si vous avez un sabre, qu'est-ce que vous d'mandez ?
- J' demande rien, mon colonel, c'est vous...
- C'est moi parce que j' croyais que vous n'en aviez pas. Du moment qu' vous en avez un, ça va bien, allez ! rompez !
Le lieutenant s' retire, raccroche le sabre, continue son chemin, le colonel se r'met à sa fenêtre, aperçoit une troisième fois le lieutenant qu'il rappelle... Bref, ce manège se répète sept ou huit fois et, à la fin, le colonel, n'y tenant plus, appelle sa femme :
- Véronique, Véronique, ma Véronique, viens ici, tu vas m' dire si j' suis fou ou si je n' le suis pas. Qu'est-ce que tu vois là-bas qui trotte dans la rue
- Je vois un lieutenant, mon ami
- Tu vois un lieutenant, ça, eh bien, regarde-le bien, a-t-y un sabre ou n'en a-t-y pas ?
- Mais il n'en a pas, mon ami
- Il n'en a pas ? eh bien, c'est c' qui t' trompe, tu t' figures qu'il n'en a pas, il en a un tout d' même !


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